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Bien
qu'il soit d'un tempérament assez secret et peu
enclin aux révélations fracassantes, Antonin
MAGNE annonce avant le départ qu'il veut
gagner ce Tour de France 1934. Coureur complet, sérieux
et clairvoyant, MAGNE est
un homme du Tour et en six participations il a connu
plus de hauts que de bas. Chef de file avec SPEICHER
d'une bien belle équipe de France, Antonin
MAGNE va devenir seul véritable leader
dès la 2ème étape après
l'erreur tactique du vainqueur sortant qui abandonne
15 minutes entre Lille et Charleville. Très tôt
donc MAGNE se retrouve en
jaune dans la position du gestionnaire, celle qu'il
préfère finalement. Il sait aussi depuis
le départ que Giuseppe MARTANO sera son adversaire
principal ce qui se confirme dans les Alpes avec la
victoire de l'italien à Gap.
Entre Gap et Digne, MAGNE
et MARTANO ne se quittent pas d'une semelle tandis que
le jeune VIETTO caracole à l'avant. Plus loin,
entre Nice et Cannes, MAGNE
perd pied sur son dauphin au général qui
rejoint VIETTO partit en éclaireur.
Antonin conserve son paletot mais MARTANO reprend du
temps et sa confiance est maximale.
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Antonin
Magne et son plus grand rival l'italien Martano..
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Dans l'étape de Marseille, les deux hommes
connaissent des problèmes mécaniques
et malgré le dévouement de ses équipiers,
MARTANO rend tout de même près d'une
minute à MAGNE.
A Montpellier, Antonin MAGNE
profite de la supériorité numérique
des français dans le groupe de tête pour
s'engager dans le sprint final avec pour but de prendre
des bonifications. Il termine 2ème et en veut
à SPEICHER qui, pour un plus grand profit,
aurait dû le laisser gagner. Ceci dit, la menace
MARTANO s'éloigne encore de 45 secondes.
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L'atout
numéro un d'Antonin Magne : la régularité
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Après avoir goûté aux raisins
du Roussillon et profité d'une journée
de repos en Catalogne, Antonin
MAGNE s'apprête à livrer une bataille
décisive dans les Pyrénées. Ce
qu'il ne sait pas encore c'est que la malchance ne
l'épargnera pas et qu'il devra son salut à
ce jeune cannois de 20 ans que la France entière
a découvert dans l'étape des Alpes Provençales.
L'infortune de MAGNE fait
bien sur le bonheur de MARTANO qui grignote les secondes
sans toutefois faire la même impression que
sur la route de Cannes. Dans la 3ème étape
des Pyrénées, Antonin
MAGNE se ressaisit. Lui l'attentiste se transforme
en attaquant, le calculateur fait place au baroudeur.
L'auvergnat aime les Pyrénées et entre
Luchon et Tarbes, par delà Peyresourde et Aspin,
il se revèle puissant et dominateur comme jamais.
Résultat, MARTANO s'effondre, perd 13 minutes
et MAGNE porte un coup
décisif tout en émerveillant son monde.
Le lendemain, MAGNE gère
dans le Tourmalet et l'Aubisque tandis que l'italien
se révolte pour une maigre compensation.
La traditionnelle remontée sur Paris permet
à ceux qui n'ont encore rien gagné de
tenter leur chance même si le filet de l'équipe
de France est à mailles fines cette année.
Dans le but de relever l'intérêt de la
fin de Tour, l'organisation a prévu un contre-la-montre
de 90 km ce qui constitue d'ailleurs une première.
La course d'équipe est donc mise entre parenthèses
le temps d'une demie étape qui doit voir triompher
le meilleur coureur de l'épreuve. Et c'est
bien sûr le cas ! Antonin
MAGNE s'impose avec classe et assurance à
un peu plus de 35 km de moyenne. Au Parc des Princes,
50 000 personnes acclament les "forçats
de la route". Les tours d'honneurs des coureurs
chargés de fleurs s'enchainent et le jeune
VIETTO reçoit la reconnaissance publique de
son ainé qui, sans ses sacrifices, n'aurait
sans doute pas atteint son but.
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Antonin
Magne et son "sauveur" René
Vietto
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Les dix premiers du Tour 1934
1-Antonin MAGNE (Fra) en 147h13'58"
2-Giuseppe MARTANO (Ita)
3-Roger LAPEBIE (Fra)
4-Félicien VERVAECKE
(Bel)
5-René VIETTO (Fra)
6-Ambrosio MORELLI (Ita)
7-Ludwig GEYER (All)
8-Sylvère MAES (Bel)
9-Mariano CANARDO (Esp)
10-Vicente TRUEBA (Esp)
FIN
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Toutes
les photos © Le Miroir des Sports
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